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Symposium des SIC

Le symposium des SIC de l’armée de Terre 2015


Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale de 2013 rappelle l’enjeu que revêt l’info valorisation pour les armées en règle générale et plus particulièrement pour l’armée de Terre. Ce domaine est à la croisée entre la nécessaire prise en compte d’un développement technologique impactant les programmes du futur et la compréhension du besoin en échanges d’informations des utilisateurs. A cet égard, l’expérience des déploiements récents confirme l’importance du bon niveau d’adaptation des outils numérisés.

A travers une nouvelle édition du symposium des SIC de l’armée de Terre, l’Ecole des transmissions et la DGA – MI ont proposé une réflexion sur cette problématique, en réunissant des représentants de haut niveau, du triptyque utilisateurs interarmes – DGA – industriels. Cette réflexion s’est déroulée le 13 février 2013, sur le site de l’Espace des Sciences de Rennes, autour du thème suivant :


« L’info valorisation du théâtre…et après ? De l’expression du besoin au combattant connecté »

Si les SIOC  doivent ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme un vecteur incontournable du succès de la manĹ“uvre interarmes, il n’en demeure pas moins vrai que, dans le cadre du programme SCORPION, l’enjeu de simplicitĂ©, de robustesse et de rĂ©silience, doit ĂŞtre relevĂ© afin de bĂ©nĂ©ficier de systèmes toujours plus efficaces, intuitifs, faciles d’apprĂ©hension, de mise en Ĺ“uvre et d’administration.    

En partant d’un débat constructif et pragmatique, il s’est agi d’étudier dans quelle mesure les technologies émergentes pourront être, une fois matures, source d’efficacité au combat, avant d’aborder, in fine, la problématique cyber du programme phare de l’armée de Terre qu’est SCORPION.


affiche2 2015

D’un constat initial : les SIOC à l’aune des dernières opérations…

Les dernières opĂ©rations ont confirmĂ© la volontĂ© de s’appuyer sur la numĂ©risation pour bĂ©nĂ©ficier de ses indĂ©niables apports en rĂ©activitĂ© et en prĂ©cision. Ainsi, les forces terrestres ont besoin que chaque Ă©chelon de commandement puisse dĂ©cider, plus vite et mieux, afin de leur garantir l’avantage tactique. Pour cela, il est nĂ©cessaire de mettre en Ĺ“uvre une NEB  employable, c’est-Ă -dire compatible Ă  tous les Ă©chelons et facile d’utilisation. Ă€ ce titre, elle implique un apprentissage complet et intuitif, une permanence de son emploi et surtout l’adhĂ©sion des utilisateurs.
Or, de nombreux paradoxes ont Ă©tĂ© relevĂ©s dans les retours d’expĂ©rience des dernières opĂ©rations numĂ©risĂ©es  : la complexitĂ© des systèmes a accru les difficultĂ©s d’utilisation et d’administration des systèmes d’information alors que les besoins de simplification et d’accès aux informations Ă  tous les Ă©chelons n’ont jamais Ă©tĂ© aussi prĂ©gnants ; la nĂ©cessaire interopĂ©rabilitĂ© des systèmes dĂ©ployĂ©s et les besoins d’échanges interalliĂ©s sont souvent contradictoires avec l’indispensable sĂ©curitĂ© des informations; les besoins croissants en Ă©changes d’information Ă  tous les Ă©chelons s’exonèrent avec difficultĂ©s des Ă©longations, y compris en VHF  ; des concepts d’opĂ©rations lacunaires et des phases de combat dĂ©barquĂ© / combat embarquĂ© ; les dĂ©lais des programmes d’armement et de l’ingĂ©nierie des formations sont parfois incompatibles avec l’évolution et les besoins de mise en Ĺ“uvre des nouvelles technologies ; la rigueur du formatage des messages est antinomique avec les dĂ©lais de rĂ©daction accordĂ©s aux plus bas Ă©chelons confrontĂ©s Ă  l’action ; enfin, le concept mĂŞme d’élaboration des opĂ©rations doit ĂŞtre revu : il s’agit de passer d’une logique de demande des moyens Ă  mettre en Ĺ“uvre Ă  la dĂ©finition d’un effet Ă  obtenir sur le terrain au mĂŞme titre que d’autres fonctions opĂ©rationnelles.

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Aux technologies émergentes, accélératrices de l’efficacité au combat,

C’est dans ce contexte qu’une mise en perspective efficace des nouvelles technologies avec nos besoins rĂ©els doit s’effectuer. L’armĂ©e de Terre a-t-elle rĂ©ellement besoin d’autant de technicitĂ© jusqu’aux plus bas Ă©chelons ? OĂą placer  « le curseur », sans obĂ©rer nos capacitĂ©s opĂ©rationnelles, sans complexifier les ingĂ©nieries de formation ?
Même s’il existe un réel besoin de disposer de SIOC dont la mise en œuvre doit requérir un maximum de flexibilité et de simplicité, les présentations abordées ont mis en exergue une diversité future des systèmes de communications qui seront mis en œuvre pour assurer des services plus efficaces, intuitifs mais aussi plus transparents pour les utilisateurs en opération.
Se dessine alors un environnement constitué de systèmes de radio tactiques portés par le programme CONTACT, et de systèmes plus légers, non durcis, basés sur les normes 4G-LTE , des équipements réseaux et des terminaux proches des Smartphones. Les usages seront différents et les déploiements de ces systèmes se partageront l’espace et le temps des opérations militaires selon un continuum - combat à haute intensité - combat asymétrique - opérations de maintien de la paix, jusqu’aux secours aux populations en temps de paix ou de sécurisation des grands évènements.
Ainsi, le projet Auxylium illustre un exemple concret de bonne prise en compte du juste besoin adapté aux opérations. Demain, d’autres systèmes encore pourraient s’inspirer de cet exemple tel que le SICS. Encore faut-il aussi, penser avec efficience la cyber résilience de SCORPION dans son ensemble, avant de se mettre en ordre de marche.

Qui doivent s’inscrire dans la nécessaire contingence de cybersécurité.

Le GTIA SCORPION sera ainsi un système de systèmes constitué de véhicules unitaires interconnectés par des réseaux, ce qui créé des besoins particuliers en termes de cybersécurité.
Chaque système constitutif de SCORPION (les diffĂ©rents vĂ©hicules, le SICS…) pourra fonctionner de manière indĂ©pendante  (indĂ©pendance opĂ©rationnelle) et devra ainsi assurer sa proche cybersĂ©curitĂ©. De plus, ces systèmes font l’objet de contrats qui leurs sont propres (indĂ©pendance managĂ©riale) et dont il est nĂ©cessaire de coordonner la prise en compte des mesures de cyberprotection (SSI).
Ces systèmes devront évoluer au fil du temps (conception évolutive) : mise à jour de véhicules existants, migration des postes radio, etc. En conséquence, la cybersécurité devra prendre en compte la gestion de configurations successives.
En termes d’emploi, les systèmes seront rĂ©partis sur le champ de bataille (distribution gĂ©ographique), potentiellement sur de longues Ă©longations. Il faudra donc sĂ©curiser les communications et plus particulièrement  les Ă©changes de positions amis.
Ensuite, la mise en réseau des systèmes constitutifs fera émerger de nouveaux comportements qu’il faudra connaître, contrôler et sécuriser (protection collaborative).
Les caractéristiques propres à SICS et les nouvelles fonctions fournies sont également à prendre en compte : interfaces multiples avec d’autres SI, utilisation de tablettes nomades au profit des combattants débarqués, visibilité des pions amis sur la base de leur proximité géographique par exemples.
Cela apportera des gains opérationnels mais introduira également des risques nouveaux qui seront traités par la mise en œuvre de mesures organisationnelles et techniques. 2En discours de clôture, outre un réel besoin en simplicité d’utilisation et d’apprentissage, le général commandant les forces terrestres a fait part de ses convictions quant à l’avenir des SIOC :

  •     « pas de succès opĂ©rationnel sans des SIOCs performants et Ă©volutifs, et au-delĂ , sans un système de commandement et de contrĂ´le robuste et rĂ©actif ; »
  •     « tirĂ©e des tendances lourdes d’évolution de nos opĂ©rations, un besoin croissant d’évolutivitĂ© de nos dispositifs et de nos organisations en raison d’une double exigence : celle de la plasticitĂ© opĂ©rationnelle, entre théâtres et au sein d’un mĂŞme théâtre, avec des changements frĂ©quents des missions attribuĂ©es Ă  nos unitĂ©s – exemple du 4e RCH basculant du Tchad Ă  la RCA – avec toutes les consĂ©quences induites ; celle de la gestion dynamique d’opĂ©rations de longue durĂ©e, avec des pĂ©riodes d’effort bornĂ©es dans le temps et dans l’espace, et lĂ  encore, des impacts forts en termes de SIOCs. »
  •     « avec des effectifs toujours comptĂ©s (y compris en opĂ©ration), les forces terrestres seront durablement soumises Ă  un rythme d’engagement Ă©levĂ©, donc Ă  des tensions sur les ressources et l’impĂ©ratif de rentabiliser les efforts :
    • il en rĂ©sulte un Ă©quilibre Ă  entretenir dans la gestion de nos ressources humaines et matĂ©rielles, notamment du temps de nos soldats entre engagement rĂ©el (TN ou OPEX), remise en condition, alerte et les indispensables phases de formation et d’entraĂ®nement.
    • il en rĂ©sulte aussi l’impĂ©ratif d’employer au maximum nos Ă©quipements les plus performants en opĂ©ration, je pense en particulier Ă  la numĂ©risation « basse », SIR et FELIN aujourd’hui, SICS demain. »


De la capacitĂ© des acteurs du triptyque utilisateur - client (DGA) – industriels Ă  conserver un dialogue fluide qui permette une comprĂ©hension mutuelle des contingences de chacun, dĂ©pendra la rĂ©ussite des programmes d’armement SIOC du futur et l’accroissement final des capacitĂ©s opĂ©rationnelles de l’armĂ©e de Terre de demain.            



(1) Systèmes d’Information Opérationnels du Combattant
(2) Numérisation de l’espace de bataille
(3) Opérations SERVAL, BARHHANE et SANGARIS
(4) Very high frequency - très hautes fréquences
(5) Long Term Evolution



 

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